Cadillac Ciel

Les cabriolets sont-ils à l’arrêt ?

LE 20 JUIN 2016

Quant il fait beau on a forcément envie d’enlever le haut. Celui de sa voiture évidemment, pour rouler en cabriolet, forcément. Sauf que, à de rares exceptions, le temps des découvrables que l’on retrouvait systématiquement au catalogue des marques généralistes n’est plus. Où son passés les Peugeot 206, et 207 CC ? Les Ford Focus coupé-cabriolet ? Ou les Renault Megane sans toit. Disparus, emportés par la crise. Aucun de ces généralistes ne dispose plus aujourd‘hui de ce type de modèle à son catalogue. Le gros bouillon de 2008 a eu raison de la conduite cheveux aux vents pour pas (trop) cher. Une raréfaction liée à la crise, mais pas seulement à ses conséquences financières sur le portefeuille des acheteurs de modèles uniquement dédiés au plaisir. L’image un rien tapageuse liée aux cabriolets a elle aussi détournée la clientèle. Difficile de parader en temps de disette. Résultat : ces autos sont devenues quasi impossible à rentabiliser pour les marques. Car il ne suffit pas de couper le toit d’un modèle existant pour transformer une sage berline en bolide décoiffant : il faut en renforcer le châssis pour qu’il garde sa rigidité et, pour les CC (coupés-cabriolets), installer un toit rigide qui se replie automatiquement dans le coffre grâce à un mécanisme aussi complexe que coûteux. Résultat : La Peugeot 208 n’aura pas son pendant CC, comme l’ont eu ses devancières 206 et 207. Même punition pour la nouvelle Renault Megane, ou la Ford Focus. Permettre aux automobilistes de rouler cheveux aux vents est un luxe pour ces derniers, mais pour les marques aussi, incapables de rentabiliser de tels vaisseaux.

Pourtant, les indicateurs économiques en général passent au vert, et ceux de l’automobile ont pris le même chemin. On a beau ausculter les plans quinquennaux des constructeurs : pas le moindre cabriolet à l’horizon 2021. Évidemment, toute règle souffre son exception et la petite auto découvrable et abordable existe encore. Elle vient même de s’offrir une version flambant neuve. C’est la Mazda MX5. Sauf que ce petit roadster craquant n’a pu voir le jour qu’en se partageant. Pour limiter les frais, Mazda a fait alliance avec Fiat qui dans quelques semaines va lancer la même auto, habillée différemment, motorisée autrement, mais avec une plateforme similaire. Étonnamment, le spider Fiat 124 sera légèrement plus cher que son cousin nippon, alors que d’ordinaire, Mazda affiche des tarifs bien supérieurs à l’Italien. La version turinoise s’affiche à 25 990 euros, soit 1 800 euros de plus que le Mazda qui fait un tabac depuis huit mois déjà. Une différence que Fiat justifie en raison d’une puissance supplémentaire de 10ch de son modèle de base, sachant qu’un modèle plus vitaminé débarquera plus tard sous l’appellation Abarth. Autre exception, et pour les mêmes raisons : l’Opel Cascada (à partir de 31 000 euros) existe parce que la marque allemande appartient au groupe General Motors et que le cascada sévit aux US sous la bannière Buick. Évidemment, quelques modèles, eux aussi abordables, et eux aussi disponibles se revendiquent cabriolets. Il en va ainsi de la DS3 Cab et de la Fiat 500. Mais ces deux modèles ne sont que des découvrables. Une différence de taille, surtout lorsqu’il est question de rentabilité.  Car si ces modèles permettent de profiter d’un peu d’air frais, il n’est pas question de leur enlever le haut. Elles sont simplement affublées d’un énorme toit ouvrant en toile qui coulisse le long des montants de l’auto. Un subterfuge propices aux économies. Pas besoin de renforcer le châssis puisque la structure globale de l’engin reste en place, et assure la rigidité de la voiture. Ainsi, elle peut être fabriquée sur la même chaine de montage que sa version fermée, tout en étant vendue sensiblement plus chère. Il n’y a pas de petits profits.

Le profit, les marques dites premium connaissent. Et dans leur pré carré, le cabriolet a toujours largement le droit de citer. C’est que les problèmes de rentabilité, lorsque les tarifs débutent à plus de 36 000 euros pour dépasser allègrement les 200 000 euros sont beaucoup moins obsédants. Surtout, à ces tarifs, les surcoûts d’une mécanique de coupé-cabriolet, ou le renforcement d’un châssis sont beaucoup plus faciles à absorber. Ainsi, le trio allemand (et gagnant) Mercedes-Audi-BMW ont tous les trois plusieurs modèles en rayon. Mais le gagnant toutes catégorie du genre reste indubitablement Mercedes qui dispose de pas moins de 6 modèles sans toit. La marque de Stuttgart vient d’ailleurs d’en dévoiler pas moins de trois, flambant neufs. Du très très très cher cabriolet Classe S, vendu entre 153 000 et 265 000 euros, au presque démocratique SLC qui démarre à 36 100 euros en passant par le Classe E, à partir de 47 000 euros, le surcoût est noyé dans le prix final. Ces autos se vendent plutôt bien, signe que la clientèle du luxe est non seulement moins touchée que les autres par la crise, signe aussi qu’elle est moins regardante sur les signes ostentatoires qu’un tel équipage peut susciter. Reste à attendre que les constructeurs généralistes se remettent à proposer des cabriolets à leur catalogue. Ce qui serait, peut-être, le vrai signal de la fin de l’austérité. En attendant, les amateurs de découvrables pas trop chers peuvent se rabattre sur le marché de l’occasion.

Anne-Charlotte

Journaliste de formation, Charlotte a réalisé de nombreuses interviews d#9A1XxXartistes avant de créer Charlotteauvolant.net, le premier blog dédié à l#9A1XxXautomobile vue par une femme. Aujourd#9A1XxXhui, Charlotte essaie des voitures, suis l#9A1XxXactu automobile et en parle aussi sur Originauto.com

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