Bilan ventes voitures 2016

En 2016, c'est pas Madame tout le monde qui a fait vendre des voitures

LE 19 JANVIER 2017

C’est le cadeau déposé sous le sapin des constructeurs. En 2016, plus de 2 millions de voitures ont été vendues en France. De quoi redonner la banane au secteur et ses plus de 700 000 salariés et, pourquoi pas, à l’économie hexagonale toute entière. C’est le niveau d’immatriculation le plus élevé depuis 2011 et les années sombres qui ont suivi entrainant la quasi-faillite de PSA. Mais c’est un passé révolu, Peugeot-Citroën renaît et les Français ont retrouvé le chemin des garages. Sauf qu’en fouillant quelque peu les données accumulées par le CCFA (comité des constructeurs français d’automobiles) on s’aperçoit que la réalité n’est pas si rose. La belle vitalité de l’automobile n’est pas liée aux particuliers désireux de changer de monture. Seulement 49,3% des autos vendues sont de leur fait. Du jamais vu depuis plus de 20 ans. Au cours des florissantes années 90, 75% des voitures étaient achetées par monsieur et madame tout le monde.

Mais alors, d’où provient le regain des immatriculations enregistrées au cours de l’an passé ? Elles sont le fait des entreprises, des administrations, des loueurs de courte ou de longue durée. On peut se dire qu’après tout, quelque soit le client, le constructeur, et son concessionnaire, sont contents. Peu importe qui signe le chèque, l’ivresse du succès est intacte. Sauf que les tarifs pratiqués ne sont pas vraiment comparables. Lorsqu’une entreprise, ou à fortiori une administration ou un loueur achète des véhicules, il ne les paie pas au même prix que vous ou moi, simple question de quantité. Lorsque l’on signe un bon de commande pour cinquante voitures, les prix à l’unité ne sont pas vraiment ceux d’une auto unique. Les tarifs baissent de 20 à près de 50% pour certains modèles en fin de vie commerciale et le bilan du constructeur se ressent évidemment de ces ristournes.

Ce basculement du marché des particuliers vers les entreprises pose un autre problème. Il accroit les inégalités entre les Français. Ceux qui bénéficient d’une voiture de fonction fournie par leur entreprise sont, dans leur très grosse majorité, des cadres. Donc des personnes dont le revenu se situe au dessus de la moyenne, ce qui leur permettrait, plus qu’à d’autres, de s’acheter des voitures neuves. Mais nombre de boîtes préfèrent leur fournir un véhicule, une manière peu onéreuse de les motiver, sans pour autant augmenter des salaires soumis à charge. Résultat : les cols blancs peuvent rouler en carrosse et en changer tous les deux ou trois ans. A l’opposé, les ouvriers et employés doivent acheter leur propre auto et se reportent massivement sur des modèles d’occasion. Toujours l’an passé, les ventes de celles-ci ont progressé. Dorénavant il se vend 2,9 voitures déjà utilisées pour un véhicule neuf. Les immatriculations : la nouvelle lutte des classes.

Anne-Charlotte

Journaliste de formation, Charlotte a réalisé de nombreuses interviews d#9A1XxXartistes avant de créer Charlotteauvolant.net, le premier blog dédié à l#9A1XxXautomobile vue par une femme. Aujourd#9A1XxXhui, Charlotte essaie des voitures, suis l#9A1XxXactu automobile et en parle aussi sur Originauto.com

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